PVT Amérique latine : Colombie, Brésil, Chili ou Pérou, lequel choisir en 2026 ?
Si le tirage au sort canadien vous décourage et que les rendez-vous du PVT Japon partent en quelques heures, regardez vers le sud. Les quatre PVT d'Amérique latine ouverts aux Français, la Colombie, le Brésil, le Chili et le Pérou, partagent un point commun que peu de destinations peuvent revendiquer : leurs quotas ne sont jamais atteints. Il n'y a ni loterie, ni course contre la montre, ni bassin de candidats. Un dossier complet et conforme aboutit.
Cela ne veut pas dire que c'est simple. Les quatre pays ont des procédures radicalement différentes, des montants d'épargne qui vont du simple au double, et une exigence commune que beaucoup de candidats découvrent trop tard. Ce guide compare les quatre, pays par pays, et vous aide à choisir celui qui correspond à votre projet.
Les quatre PVT d'Amérique latine en un coup d'oeil
| Colombie | Brésil | Chili | Pérou | |
|---|---|---|---|---|
| Âge | 18 à 30 ans | 18 à 30 ans | 18 à 30 ans | 18 à 30 ans |
| Quota français | 400 | 500 | 400 | 300 |
| Durée | 12 mois | 12 mois | 12 mois | 12 mois |
| Frais de visa | Gratuit | Gratuit | Environ 115 € | Gratuit |
| Fonds à justifier | 1 300 à 2 000 € | 2 500 € | 2 500 € | 2 500 € |
| Dépôt | 100 % en ligne | En ligne puis rendez-vous au consulat | 100 % en ligne | Dossier par courriel, puis retrait |
| Assurance | Exigée | Exigée | Exigée | Exigée |
Le point à retenir avant tout le reste. Dans les quatre pays, l'attestation d'assurance est une pièce du dossier de visa, pas une recommandation. Et la liste des garanties exigées est plus large que celle d'un contrat voyage standard : elle inclut la maternité et l'invalidité. J'y reviens en détail plus bas, parce que c'est là que les dossiers se font refuser. Pour comparer les contrats qui cochent ces cases, voyez notre comparatif des assurances PVT.
Si vous découvrez le dispositif, notre guide du permis vacances-travail explique le principe et liste tous les pays partenaires de la France.
Pourquoi l'Amérique latine est la zone la plus accessible
Le contraste avec les destinations vedettes est saisissant. Le PVT Canada passe par un tirage au sort où des dizaines de milliers de candidats se disputent quelques milliers de places. Le PVT Japon plafonne à 1 800 visas et son calendrier de rendez-vous parisien se remplit en quelques heures. Le PVT Australie n'a pas de quota mais demande un budget de départ conséquent.
En Amérique latine, la logique s'inverse. Les quotas existent mais ne sont pas consommés. Pour la Colombie, le plafond de 400 places n'a jamais été atteint. Pour le Chili, les 400 places sont décrites comme faciles à obtenir par les guides spécialisés. Le seul vrai filtre est la qualité du dossier.
Deuxième avantage, le coût. Trois des quatre visas sont gratuits. Seul le Chili facture des frais, autour de 115 €. À titre de comparaison, le PVT Canada dépasse les 300 dollars canadiens.
Le revers de la médaille : ces quatre pays sont moins balisés que l'Australie ou le Canada. Vous trouverez moins de témoignages, moins de groupes d'entraide et moins d'employeurs habitués au statut. Parler espagnol, ou portugais pour le Brésil, change tout sur place, et ce n'est pas une option confortable mais une condition pratique.
PVT Colombie : la procédure la plus souple

C'est la destination que je recommande à celles et ceux qui veulent partir vite et sans complication administrative. Depuis l'automne 2023, la demande se fait entièrement en ligne, et la Colombie va plus loin que ses voisins : vous pouvez déposer votre dossier depuis n'importe quel pays disposant d'un consulat colombien, et même depuis la Colombie si vous y êtes déjà en statut touristique.
Les conditions
- Âge : de 18 à 30 ans au moment du dépôt
- Quota : 400 places par an pour les Français, jamais atteint à ce jour
- Durée : 12 mois, avec une particularité, le consulat peut ajouter quelques mois au cas par cas selon votre date de départ
- Frais : aucun
- Une seule participation dans une vie
Le dossier
Passeport valide avec au moins deux pages libres, photo d'identité, formulaire d'engagement téléchargeable auprès des autorités colombiennes, preuve de fonds, billet d'entrée et de sortie du territoire, extrait de casier judiciaire français, lettre de motivation en espagnol, certificat médical et attestation d'assurance.
Deux points méritent votre attention. La lettre en espagnol n'est pas une formalité : c'est la pièce qui montre que vous pourrez vous débrouiller sur place. Et le montant des fonds exigés mérite une vérification de votre côté, car les sources diffèrent : la fiche de conditions de pvtistes.net mentionne au moins 1 300 € tandis que sa liste de documents parle de 2 000 € sur le compte. Visez le montant le plus élevé, c'est celui qui figure dans la liste des pièces, et confirmez auprès du consulat avant de déposer.
PVT Brésil : le plus gros quota, la procédure la plus lourde
Le Brésil offre 500 places par an, le quota le plus généreux des quatre. En échange, c'est le seul pays de la liste où vous ne couperez pas à un déplacement physique.
Les conditions
- Âge : de 18 à 30 ans au moment de la demande
- Quota : 500 places par an pour les Français
- Durée : 12 mois maximum
- Frais : aucun
- Fonds : au moins 2 500 €, plus un billet d'avion
Une procédure en deux temps
Vous commencez par une demande en ligne sur le site des autorités brésiliennes, formulaire et pièces jointes. Puis vous prenez rendez-vous au consulat du Brésil à Paris ou à Marseille, selon votre lieu de résidence, et vous vous y présentez avec tous les originaux. Le consulat conserve votre passeport le temps du traitement.
Trois contraintes qui éliminent des candidats chaque année :
- Les rendez-vous se prennent parfois très longtemps à l'avance. Anticipez
- La demande ne peut pas être déposée depuis un consulat brésilien à l'étranger, ni depuis le Brésil
- Le dossier réclame un acte de naissance intégral avec filiation, un extrait de casier de moins de trois mois et une photo de votre signature, des pièces qu'on ne pense pas à préparer
Une fois sur place, si le Brésil vous tente aussi pour un séjour plus court, notre page dédiée à l'assurance voyage au Brésil détaille les risques sanitaires du pays et les plafonds à viser.
PVT Chili : entièrement dématérialisé, mais payant

Le Chili est le bon compromis pour qui veut une procédure moderne sans se déplacer. Tout se fait en ligne, sur le site des autorités chiliennes. C'est aussi le seul des quatre à facturer son visa.
Les conditions
- Âge : de 18 à 30 ans inclus, la demande peut être déposée jusqu'à la veille de vos 31 ans
- Quota : 400 places par an pour les Français, jamais atteint
- Durée : 12 mois, avec 90 jours pour rejoindre le Chili après l'obtention
- Frais : environ 115 €, réglés par carte bancaire
- Fonds : 2 500 €, justifiés par une attestation bancaire tamponnée et signée par votre conseiller
Les deux pièges
Le délai de traitement est imprévisible. Il est théoriquement de deux semaines, mais peut s'étirer sur plusieurs semaines voire plusieurs mois selon les périodes. Déposez votre demande quatre à six mois avant la date de départ souhaitée.
Le Chili refuse les couples mariés dans certaines situations. Deux pvtistes mariés se sont vu opposer un refus, le consulat considérant qu'étant mariés, ils étaient mutuellement à la charge l'un de l'autre. Le pays exige par ailleurs de ne pas avoir d'enfant. Si vous partez à deux, déposez deux dossiers indépendants et n'évoquez pas de dépendance financière mutuelle.
PVT Pérou : le plus confidentiel, le plus rapide

Avec 300 places, le Pérou affiche le plus petit quota des quatre, et c'est aussi le moins connu. Paradoxalement, c'est le pays où la procédure est la plus rapide.
Les conditions
- Âge : de 18 à 30 ans
- Quota : 300 places par an pour les Français
- Durée : 12 mois maximum
- Frais : aucun
- Fonds : au minimum 2 500 €
Une procédure par courriel
Vous constituez votre dossier et vous l'envoyez par courriel au consulat du Pérou. La réponse arrive généralement sous 24 à 48 heures, et le rendez-vous de retrait est donné une dizaine de jours plus tard, jusqu'à trois semaines pendant l'été. Vous repartez du rendez-vous avec le visa collé dans le passeport.
Attention à un détail de vocabulaire qui déroute : sur le visa péruvien, le statut n'apparaît pas sous le nom de vacances-travail mais sous la mention ITR, pour Itinerante-Residente. C'est normal, ne vous alarmez pas en découvrant l'étiquette.
La demande doit être présentée depuis le territoire français. Les sources de référence restent les fiches de pvtistes.net pour le Pérou, le Chili et le Brésil.
Se soigner sur place : ce que dit France Diplomatie
C'est la partie que je voulais documenter à la source, parce qu'elle explique pourquoi les consulats sont si exigeants sur l'attestation. J'ai repris les fiches Santé du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour les quatre pays, et un mécanisme revient de manière frappante.
On vous demandera de payer avant de vous soigner
Sur la Colombie, le ministère est explicite : « Seules les plus grandes villes colombiennes disposent d'infrastructures de santé capables de prendre en charge tous les types d'urgence. Il s'agit le plus souvent de cliniques privées. Il faut toutefois garder à l'esprit que ces dernières n'admettent généralement que des patients qui ont payé d'avance. »
Sur le Chili, le constat est le même, en des termes voisins : « D'excellents centres hospitaliers privés, avec des infrastructures de pointe et un personnel médical très qualifié, sont présents à Santiago. Les frais médicaux y sont toutefois très élevés et des garanties de paiement sont exigées à l'admission. »
Retenez la conséquence pratique, parce qu'elle est contre-intuitive : la qualité des soins n'est pas le problème, l'accès l'est. Un bon plafond de frais médicaux ne sert à rien si vous devez sortir plusieurs milliers d'euros de votre poche à l'admission. Ce qui compte ici, c'est la garantie d'avance des frais d'hospitalisation ou de prise en charge directe, tous les contrats ne la proposent pas.
L'altitude au Pérou et au Chili
La fiche Pérou consacre un passage au mal aigu des montagnes, qui survient au-delà de 2 500 mètres et dont les symptômes peuvent, je cite, « s'aggraver et conduire au décès ». Ce n'est pas un risque théorique pour un pvtiste : Cusco, la base de tout séjour dans la région du Machu Picchu, se situe à environ 3 400 mètres. Vous n'y montez pas pour une excursion, vous y vivez.
Vérifiez la limite d'altitude de votre contrat. La plupart des assurances voyage plafonnent la couverture à une altitude donnée, souvent quelques milliers de mètres, au-delà de laquelle l'activité devient une exclusion. Le même avertissement figure sur la fiche Chili.
Les maladies transmises par les moustiques
Au Brésil, la vaccination contre la fièvre jaune est recommandée avant tout déplacement dans le pays, et la dengue circule largement. En Colombie, le ministère signale une résurgence des épidémies de rougeole, coqueluche et fièvre jaune, et recommande fortement d'être à jour de ces vaccinations. La vaccination contre la fièvre jaune doit être réalisée dans un centre agréé, au moins dix jours avant le départ.
Le calendrier vaccinal est le point que l'on découvre trop tard. Dix jours de délai pour la fièvre jaune, un rendez-vous à décrocher dans un centre de vaccinations internationales agréé, et pour la Colombie comme pour le Brésil un certificat que l'on peut vous demander à l'arrivée. Traitez cette démarche en même temps que le dossier de visa, pas après.
Travailler sur place : à quoi s'attendre
Le PVT vous autorise à travailler pour autant d'employeurs que vous le souhaitez, sur la durée de votre choix. Mais il faut être lucide sur ce que ces quatre marchés du travail offrent réellement à un francophone de passage.
La langue décide de presque tout
C'est la différence majeure avec l'Australie ou le Canada. Hors des métiers du tourisme international, ces quatre marchés sont peu anglophones. Un niveau d'espagnol conversationnel, ou de portugais pour le Brésil, ne relève pas du confort : il détermine les emplois auxquels vous aurez accès et le salaire que vous pourrez négocier. La Colombie en tire d'ailleurs les conséquences en exigeant une lettre de motivation rédigée en espagnol.
Les secteurs qui recrutent des pvtistes
- L'hôtellerie et la restauration, dans les zones touristiques : Carthagène et la côte caraïbe en Colombie, Cusco et la vallée sacrée au Pérou, Rio et le littoral brésilien, Santiago et Valparaiso au Chili
- L'enseignement du français, en institut, en école de langues ou en cours particuliers, une porte d'entrée classique pour un francophone diplômé
- Le tourisme d'aventure et le saisonnier, particulièrement en Patagonie chilienne où la saison haute court de novembre à mars
- Le volontariat et le wwoofing, souvent contre le gîte et le couvert plutôt que contre un salaire, pratique courante dans la région
Les saisons sont inversées
Un point d'organisation que les candidats oublient régulièrement : au Chili, au Brésil et dans une partie du Pérou, l'été austral va de décembre à mars. C'est là que se concentrent les emplois saisonniers du tourisme. Si vous visez la haute saison patagonne, votre visa doit être obtenu à l'automne, ce qui, avec les délais chiliens qui peuvent atteindre plusieurs mois, signifie déposer sa demande au printemps.
L'assurance : la pièce qui fait échouer les dossiers
C'est le point que je veux détailler, parce qu'il est traité en une ligne partout ailleurs alors qu'il conditionne l'acceptation du dossier.
Contrairement au Japon, où l'ambassade ne réclame aucune attestation, les quatre consulats latino-américains exigent une preuve d'assurance dans le dossier de visa. Et ils ne se contentent pas d'une couverture médicale générique. La Colombie, le Brésil et le Pérou nomment explicitement les mêmes cinq garanties :
- Maladie
- Hospitalisation
- Invalidité
- Maternité
- Rapatriement
Relisez cette liste. La maternité et l'invalidité ne figurent pas dans tous les contrats d'assurance voyage, et c'est précisément ce qui distingue une assurance PVT d'une assurance voyage classique. Un contrat court séjour acheté en ligne en trois clics couvrira les frais médicaux et le rapatriement, mais il y a de fortes chances qu'il exclue la grossesse. Présenté au consulat, il peut faire capoter le dossier.
Mon conseil, et il vaut pour les quatre pays : demandez à votre assureur une attestation qui nomme les cinq garanties, pas une attestation générique. Les contrats conçus pour le PVT la fournissent sans discuter, souvent en plusieurs langues. Un contrat voyage standard, non.
Deuxième exigence commune, la durée. L'attestation doit couvrir l'intégralité du séjour, pas une partie. Un contrat de six mois pour un PVT de douze mois sera refusé. J'ai comparé les contrats qui répondent à ces conditions, leurs plafonds et leurs prix dans notre comparatif des assurances PVT.
Lequel choisir selon votre projet
Vous voulez partir vite et sans paperasse : la Colombie
Procédure 100 % en ligne, dépôt possible depuis l'étranger, visa gratuit, fonds exigés les plus bas des quatre. C'est le chemin le plus court entre l'envie et le départ.
Vous visez le marché du travail le plus large : le Brésil
Le plus gros quota, la plus grande économie du sous-continent et des métropoles où les opportunités ne manquent pas. En contrepartie, acceptez le déplacement au consulat et un dossier plus lourd.
Vous planifiez longtemps à l'avance : le Chili
Le délai de traitement imprévisible en fait une mauvaise idée pour un départ improvisé, mais la dématérialisation complète et la stabilité du pays en font une valeur sûre si vous vous y prenez six mois avant.
Vous cherchez l'expérience la moins courue : le Pérou
300 places, peu de candidats français, une procédure expédiée en deux semaines. Si l'idée de partir là où les autres ne vont pas vous parle, c'est la destination.
Combien coûte réellement un PVT en Amérique latine
Le coût administratif est proche de zéro, sauf au Chili. La vraie dépense, c'est l'épargne que vous devez prouver, et qui n'est pas un budget de voyage mais un plancher exigé par le consulat.
- Frais de visa : gratuits en Colombie, au Brésil et au Pérou, environ 115 € au Chili
- Fonds à justifier : de 1 300 à 2 000 € pour la Colombie, 2 500 € pour les trois autres
- Certificat médical : le prix d'une consultation, exigé dans les quatre pays
- Casier judiciaire : gratuit, mais à demander à l'avance
- Assurance : pour douze mois de couverture, comptez le poste le plus lourd après le billet
- Billet d'avion : de l'ordre de 1 200 € l'aller-retour vers le Chili selon les guides spécialisés
Autrement dit, le ticket d'entrée se situe entre l'épargne exigée et le double de cette somme une fois le billet et l'assurance payés. Les montants prouvés au consulat servent à tenir vos premières semaines, pas votre année.
Et les autres PVT d'Amérique latine ?
La France a signé des accords vacances-travail avec huit pays d'Amérique latine. Aux quatre traités ici s'ajoutent l'Argentine, le Mexique, l'Uruguay et l'Équateur.
Deux d'entre eux ont déjà leur guide dédié sur le site, parce qu'ils drainent bien plus de candidats : notre guide du PVT Argentine et celui du PVT Mexique, dont le quota de 300 places n'a lui non plus jamais été atteint.
L'Uruguay et l'Équateur restent très confidentiels, avec une poignée de candidats français par an et peu de retours d'expérience disponibles. Si vous envisagez l'un des deux, contactez directement le consulat concerné, les informations en ligne y sont rares et souvent périmées.
